Grève des cheminots - mercredi 3 février - Pour le développement du service public et la satisfaction de nos revendications
Manifestation lieu non défini
Communiqué des fédérations syndicales des cheminots, qui interpellent solennellement la direction et le gouvernement sur les revendications touchant :
— À la structuration de la SNCF ;
— Aux multiples réorganisations contestées par le personnel ;
— À l’avenir de Fret SNCF ;
— À l’emploi ;
— À l’augmentation des salaires et des pensions ;
— À l’amélioiration des conditions de travail ;
— Aux facilités de circulation.
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Jeudi 20 novembre 2008
Un camarade cheminot nous écrit
Les enjeux de la mobilisation à la SNCF
Au-delà de la simple question de la lutte contre la réforme du RH 0077, l’enjeu des mobilisations qui ont lieues en ce moment (grève du 6 novembre, manif à Paris du 13 et grève reconductible du 23 novembre) est la lutte contre la dérèglementation du rail et l’éclatement de l’EPIC SNCF.
En effet, l’ouverture à la concurrence programmée annonçait le processus de privatisation et de filialisation de la SNCF, ce processus s’est accéléré depuis la défaite de la grève de novembre 2007 sur les régimes spéciaux.
La première étape eut lieu en 1997 où le gouvernement - dit de gauche plurielle - a retiré la propriété du réseau ferré français à la SNCF pour la confier à RFF (entreprise publique sans personnel). Dès lors, la SNCF n’est plus destinée qu’à devenir un opérateur ferroviaire comme les autres.
La deuxième étape fut l’ouverture à la concurrence pour le fret ferroviaire en 2007, ce qui a permis à la SNCF de liquider le "wagon isolé" jugé pas assez rentable, en fermant au passage 260 gare de triage en France (autant de milliers de tonnes de transport routier en plus dont la SNCF est devenu leader européen par le récent rachat de Géodis...), au profit des seuls "trains entiers" (1500 tonnes minimum) pour "s’aligner sur la concurrence" afin de "sauver FRET SNCF".
Il faut aussi savoir que la seule convention collective du chemin de fer en France c’est le statut des cheminots, ce que les nouveaux entrants privés refusent évidement d’appliquer à leurs salariés. Donc pour l’instant, la convention collective qui s’applique aux salariés des entreprises ferroviaires concurrentes est celle des routiers ! Donc concurrents, direction SNCF et Etat veulent "l’harmonisation" par le bas du statut cheminot dans une convention commune ! Concurrence dont au moins deux des boîtes leaders du transport de fret ferroviaire privé sont Naviland cargo et VFLI... filiales privées possédées à 100 % de la SNCF ! Hors, jusqu’à présent, c’est bien la combativité des cheminots qui a tenu en respect gouvernement et direction sur ce terrain là, la traumatisante défaite de novembre dernier leur a ouvert un boulevard pour lancer au forceps la dérèglementation qui doit logiquement accompagner la dérégulation ferroviaire.
L’étape suivante va donc être l’ouverture à la concurrence « voyageur » en 2010 pour les lignes internationales et l’ouverture totale en 2012. D’ici là, l’entreprise intégrée SNCF devra disparaitre, cela commence par le Fret, et bientôt l’infra (agents de l’infrastructure) qui est dans le collimateur de la cours des comptes et du dernier rapport Maritton (député UMP de la Drôme), qui demandent que les 55 000 cheminots de l’infra (aiguilleurs, cantonniers, gardes, agents voies et agents caténaires...) basculent à RFF pour "garantir la neutralité du réseau" et permettre aux entreprise de BTP privées de rentrer sur ce juteux marché de l’infra ! Expulsion de près d’un tiers des agents de la SNCF (environ 168 000 cheminots) qui finira d’ailleurs de détruire le régime spécial des cheminots par manque de cotisants…
Donc le Fret aujourd’hui n’est que le prétexte de la dérèglementation future, de la mise au pas de l’entreprise par le gouvernement et la direction. En effet dans le cadre du plan "ambition 2012", la direction annonce qu’elle va livrer 10 million de tonnes/km de plus à la concurrence et a convoqué la commission nationale mixte (gouvernement, direction SNCF et syndicats) le 12 novembre pour modifier le RH 0077 pour les agents du Fret.
Le RH 0077 c’est le règlement RH interne qui impose les rythmes de travail des cheminots, les amplitudes horaires, les repos, les compensations.... Or selon la direction, c’est la "rigidité" de ce règlement qui est responsable des pertes de Fret SNCF, donc aujourd’hui c’est les agents du fret, demain c’est tout le monde ! Voilà donc le pourquoi des grèves et des manifestations de ces derniers temps aux chemins de fer.
Il est intéressant d’observer que ce mouvement de casse social des conventions collectives est général et va s’accélérer avec l’aggravation de la crise financière actuelle, comme aux Transports en Communs Lyonnais (TCL) où Kéolis (gestionnaire du réseau confié par le SYTRAL, émanation de la mairie de Lyon) prétend casser la vieille convention interne pour détériorer les conditions de travail des agents… sachant que Kéolis est une filiale privée possédée à 100 % par la SNCF ! Il est intéressant aussi de constater que les agents de la SNCF, depuis la défaite de novembre dernier, rejoignent la longue liste des salariés d’entreprises où l’on se croyait « intouchables » depuis l’après-guerre et où on pensait pouvoir se passer du « tous ensemble », de l’union de classe de tous les salariés contre le Capital et son gouvernement parce qu’on est nombreux et forts dans notre boîte (mines, Renault, EDF/GDF, RATP, profs…). D’ailleurs, le prélude que l’on connaît moins de la défaite de novembre sur les régimes spéciaux fut l’échec de la grève des ateliers de Marseille, où après 40 jours de grève contre la réorganisation de l’établissement « pilote » de Marseille, la direction s’est félicitée d’avoir « écrasée » cet atelier, bastion CGT réputé « intouchable » en interne, avant la réforme sur les régimes spéciaux et les réforme de nos conventions collectives. Pour la bonne bouche, il faut savoir que la direction n’a pas daignée rencontrer les délégués pour négocier et a préféré payer 100 000 Euros par jour de pénalités au conseil régional de PACA (soit 4 millions en 40 jours !) pour casser la grève plutôt que d’entamer une négociation… Les temps changent, le capitalisme d’après-guerre est en crise et il annonce la couleur : la mise aux pas des travailleurs sous son talon de fer ! Les temps changent donc, alors changeons nous aussi ou mordons la poussière !
TOUS ENSEMBLE :
Contre la casse sociale et industrielle, Pour nos salaires et pour nos droits :
Organisons la résistance commune du Travail face aux prétentions du Capital !
